Les libanais: immigrants honnêtes ou fraudeurs?

Par Jessica Matar - Le 15 Janvier 2010

Avec ses 10452 km2, la Suisse de l’orient fait souvent les manchettes des journaux, soit par hommages à des personnalités dont les réalisations ont été marquantes au niveau de la littérature, de la médecine, de la science et des affaires, soit pour souligner la particularité du tourisme libanais comme dans l’Article du New-York times qui baptisait Beyrouth comme destination touristique première l’été passé.

Dernièrement, Radio-Canada consacrait toute une enquête sur les libanais, non pas pour citer leurs louanges, mais cette fois-ci, pour mettre en vedette une série de dérogations humiliantes : certains libanais abusaient du système de l’état providence en bénéficiant des prestations et services sociaux offerts par le gouvernement canadien alors qu’ils résidaient hors du pays. De quoi mettre les autorités canadiennes hors d’elle-même, et pour nous une occasion de dénigrer nos origines, juger nos proches et critiquer notre peuple. Mais est-ce vraiment l’approche qu’il faudrait opter ? De plus, quelques pommes pourries sont-elles représentatives de toute une communauté ? En d’autres mots, pourrions-nous juger tout un peuple en se basant sur les méfaits de quelques personnes ? Évidemment que non, dans ce cas-ci aussi bien que dans d’autres. En fait, toute chose dans la vie possède les deux facettes extrêmes : le yin et le yang, le bien et le mal. Certes, ce qu’ont fait ces personnes n’est pas très catholique, et n’est ni socialement, éthiquement ou moralement acceptable. Mais d’un autre côté, pourrait-on nier qu’à travers les années et les siècles, la communauté libanaise a fait preuve de courage, de bravoure, de bonne foi et de participation active dans le processus d’adaptation et d’intégration dans la société d’accueil tout en travaillant et en collaborant avec les différentes communautés ? Serions-nous censés d’oublier qu’avec les compétences que les libanais possèdent, et les efforts qu’ils ont mis, ils ont contribué sans cesse au développement économique, culturel et scientifique de ce pays de par les différents postes qu’ils occupent ? Aurions-nous le droit d’être ingrats envers ce peuple reconnu par sa reconnaissance et sa gratitude ?

Il faut être honnête et avouer que nous avons perdu une bataille mais jamais la guerre. Vous-vous demandez peut-être d’où vient cette grande confiance en soi ? Eh bien, je vous dirai fièrement, de ce puits de valeurs dans lequel nous puisons, de ce bagage culturel que nous transportons et dont nous sommes fiers, de notre histoire de peuple immigrant implantée partout dans le monde et qui n’a cessé d’enregistrer les succès successifs et continus là où il s’est retrouvé. Vous voulez certainement connaître la raison? C’est parce que nous sommes un peuple de valeurs, ouvert, civilisé et éduqué. Enfin, j’aimerais que vous sachiez que personne n’est parfait et qu’aucun peuple n’est exempt de membres indignes mais tout pourrait se remettre à l’ordre. La preuve : la fédération TOLLAB, qui par la discipline de ses membres, de leur dévouement et de leur sens de responsabilité, de citoyenneté et d’appartenance a su refléter la vraie image de la noblesse du peuple libanais. Notre mission cette année est l’intégration en couleur, alors, que chacun de nous soit cette couleur représentative du Liban prête à être toujours à son meilleur pour rester en tout temps un exemple digne à suivre.